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Mina, l'amour de l'homme-hibou (III)

(Suite)- Qui m'a donné cette force ? Je ne le sais pas. Drogué par la haine (c'était donc ça), je saute, puis, tel le gorille affamé, frappa sur ma poitrine, très fort. Si fort que toutes mes plumes arrachées lors
des mes combats avec les rieurs, repoussent. Si fort que mon œil gauche que j'avais « retiré» bougea. Si puissant que mon regard rouge devint jaune, puis vert, puis incolore. Si fort que je soulève
le phœnix, regarde d'un oeil froid Penda avant de lui dire :
- Ceux qui vont vivre te salut !
Puis, le phoenix porté sur mon dos, je vole, tel un fusil nazi, vers le ciel, dans le ciel, et enfin au-delà du ciel. Avant même que les démons (des anges ?) ne s'en rendent compte, j'en tuai dix-huit avec
mon bec-couteau. Contournant leur chef (une vraie insulte à la beauté) qui voulait me prendre par la queue, j'en tuais quatre autres en plantant mes pattes dans leur crane. Au phœnix, je dis :

- Va la récupérer, vite, vite l'amour est revenu

Le phœnix dopé par l'odeur de l'amour, grandit à vue d'œil. Inonda l'espace et reviens avec Mina, toute en vie et en couleur, dans ses bras. Il était temps de quitter les lieux maudits. Le phœnix me devance, vole très vite au-delà du ciel, dans le ciel et avant le ciel. Alors que j'apercevais la terre sur laquelle se trouvait déjà l'oiseau-renaissance, avec ma dulcinée, un bruit me fait tourner la
tête. Je me suis retourné et j'ai regardé : c'était l'Autre, mon ennemi intime, il venait récupérer ce qui lui appartenait : Mina. Autre, le hibou va te combattre ! Pourquoi tu ne peux pas me laisser tranquille, pourquoi, dis- moi pourquoi ? Les ailes tendues comme celles d'un avion, en position de combat final, je posais ces questions à l'Ouragan Autre qui fonçait droit vers moi. En réponse à mes questions, une violente gifle m'arracha net le bec, un autre les plumes, un troisième les griffes de mes pattes. Me voyant menacé, le phœnix, après avoir déposé Mina par terre, se soulève tranquillement vers le ciel, rit, gonfla son cou puis hurla. Ensuite, il m'arrosa du feu ardent qui sortait de sa
gueule. Je ne sais pas comment, mais je repris ma forme humaine. L'Ouragan souleva sa main gauche pour me frapper encore avant de se rendre compte de ma transformation. Beau jeune homme, je le regardais puis dit :
- «Autre, tu vas combattre ta propre créature ? Laisses-moi vivre avec l'amour et je te promets adoration jusqu'à la fin des temps. Je te comprends, tu es seul. Tu vis seul, seul c'est toi. Tu n'as pas de
semblable, tu ne peux pas aimer. Mais celle-là est mienne. Crie fort, pleure et oublies moi ».

Après avoir versé une larme qui, une fois atteint le sol, devint un lac, l'Ouragan retourna dans le ciel. Je regardais Mina, elle me regardait. Le phœnix nous fit comprendre que son heure était venu de
se reposer à jamais. Nous saluant avec respect, il s'envola loin dans le ciel pour exploser et renaître sous forme d'un flamboyant. Je pris Mina par la main, la souleva. Elle dit :

-«Tu as parlé, il t'a compris. Allons nous en. Loin, très loin. Mais promets, comme tu l'as dit que tu l'adoreras toujours. Que désormais tu croiras à lui. Sangomar, je t'aime ; Hibou je t'ai aimé, homme je
t'aime. Par l'Ouragan quand il devient larme, par le feu quand il devient arbre sacré. Par le Hibou quand il devient homme, par le Mal quand il se transforme en beauté sublime. Partons ».
Je pris la main de ma princesse, la main de l'être humain, de celle que j'avais tuée dans une autre vie pour la sauver. La main dans la main, nous avançâmes, pieds nus, sur la route d'une nouvelle vie,
d'une vie deuxième, d'une vie autre. C'est alors que j'ai remarqué que le feu de la Renaissance avait provoqué au passage une blessure au niveau ma main gauche. Rien de grave, de divin ou de diabolique ?
C'est ce que je croyais jusqu'au jour où, me réveillant à côté de ma princesse, j'ai remarqué qu'une fleur poussait à l'endroit exact de la blessure. Je ne dis rien à Mina, il fallait assurer seul : nous nous
sommes réunis, tout le reste est détail, microbe. Amour, je te salue avec respect ! Etait-ce maintenant la fin ? Brusquement sorti du noir, un verre terre se pencha à mon oreille pour me souffler :
- «Vous allez vivre, mais la vie est morte assassinée par votre vie vécue dans la précédente Vie quand Mina n'était plus en vie ». Que voulait-il dire ? Avant de chercher la réponse, j'avais tué la bête avec mon index droit. Laisse l'amour tranquille, maudite vermine. (A suivre).

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