Quand l’insuffisance rénale devient sévère, il est indispensable de programmer sans tarder un traitement pour suppléer le rein : la dialyse ou la greffe rénale. Compte-tenu de la pénurie d’organes disponibles, plus des milliers de patients sont traités par dialyse à travers le monde. Découvrez les différentes techniques disponibles et la réalité de cette prise en charge.

La dialyse permet d’épurer le sang de ses déchets toxiques et de l’eau retenue en excès du fait de l’arrêt du fonctionnement des reins. On distingue deux grands types de dialyse.
Les différents types de dialyse
• L’hémodialyse ou filtration externe
Si l'hémodialyse est choisie, le patient doit se rendre trois fois par semaine dans un établissement de soins public ou privé (le plus souvent), ou dans une unité de dialyse médicalisée, ou encore une unité d'autodialyse ou d'autodialyse assistée (pour des malades plus autonomes et formés à la technique). Plus rarement certains patients suivront leur traitement à son domicile. Cette technique impose un "accès vasculaire permanent" ou fistule artéro-veineuse, généralement au niveau du bras. Elle est créée chirurgicalement en connectant une artère et une veine du bras. La veine verra ainsi son débit et son calibre augmenter et pourra être piquée à chaque séance de dialyse par deux anguilles de dialyse. Pompé, le sang traverse le dialyseur puis est restitué. En présence au minimum d'une infirmière, les séances dureront de 4 à 6 heures, durant lesquelles une grande quantité de sang (50 à 60 litres) est filtré de ces toxines et de l'eau en excès par une machine à dialyse ou rein artificiel. Pendant les heures de dialyse, vous pouvez lire, regarder la télé ou écouter de la musique.

Ce traitement reste éprouvant, puisqu’en quelques heures, il va reproduire ce que les reins auraient du faire en deux jours. Ainsi, de nombreux patients éprouveront une fatigue importante, plus rarement des malaises dus à une hypotension ou des crampes en rapports avec une perte d’eau et de sodium trop importante.
• La dialyse péritonéale
Contrairement à l’hémodialyse, la dialyse péritonéale est pratiquée le plus souvent par le patient lui-même à son domicile. Elle ne nécessite pas d’appareillage très sophistiqué mais un apprentissage cependant rigoureux. Elle utilise les capacités naturelles de filtration du péritoine (une membrane qui enveloppe l’intérieur de la cavité abdominale et le tube digestif). Une intervention chirurgicale est nécessaire afin de mettre en place un cathéter en plastique souple dans l’abdomen. Lors de la dialyse, c’est via ce cathéter que le liquide de dialyse (ou solution fraîche) est injecté dans la cavité péritonéale. C’est par là ensuite que le liquide chargé de déchets (ou dialysat) et la surcharge en eau sera drainée hors de l’organisme.

Cette opération doit être renouvelée trois à quatre fois par jour si l’on choisit la dialyse péritonéale chronique ambulatoire (DPCA). Mais une solution plus simple est aujourd’hui offerte, la version automatisée (DPA) grâce à un cycleur. Cet appareil se charge de l’épuration pendant votre sommeil en 8 à 12 heures. Le changement de poche n’est plus effectué manuellement mais la machine calcule les quantités de dialysat drainées, synchronise les échanges et contrôle la durée et le déroulement du traitement. Le patient a simplement à se connecter le soir et se déconnecter le matin. Actuellement, cette technique concerne en France près d’une personne dialysée sur dix.
Existe-t-il une méthode idéale ?
Chaque technique présente des avantages, des inconvénients et des contre-indications. C’est au patient de prendre finalement la décision après en avoir discuté précocement avec son médecin généraliste, son néphrologue et sa famille.

Un traitement très lourd….
Parmi les différentes maladies graves et chroniques, l’insuffisance rénale traitée par dialyse est une de celles qui induisent les plus importantes dégradations de la qualité de vie… et celle qui implique les plus grandes difficultés d’adaptation pour les patients.
La dialyse n’est pas un traitement de tout repos. De plus, l’altération des reins a d’autres conséquences… ils sont désormais incapables de produire l’hormone appelée érythropoïétine (EPO), indispensable à la formation des globules rouges par la moelle osseuse. Depuis une quinzaine d’années, ce problème peut être traité grâce à une version synthétique cette hormone.
Entre deux séances, certaines règles alimentaires devront être suivies. En pratique, les légumes secs, les fruits secs, certains légumes et fruits frais, le chocolat, les oléagineux, les produits laitiers, les poissons et les crustacés, les abats, les œufs, les charcuteries et tous les produits salés devront être consommés avec la plus grande modération.
Par ailleurs, les apports en boisson seront réduits, ce qui n’est pas sans conséquence pour les patients qui doivent lutter quotidiennement contre la soif.
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